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mercredi 18 septembre 2013

NARBONNAISE


fouettée par le vent tiède
de cette fin d’été
je me balance dans ma robe
bien plus bleue 
que celui des cieux
qui virevolte sans vergogne
insouciante de me déshabiller...
d'un pas peu pressé
je savoure la beauté de ma cité
le long des quais
la ballade se fait rêveuse
en suivant le canal
des halles jusqu'à la cathédrale
en changeant très vite de rive
par la passerelle 
de l'entre deux villes
je rejoins 
le monde des inquants et des drapiers
puis très prés de la charité
enfin, cette maison colorée
dans laquelle je ne suis pas née ...

MARIE ANGE MURCIA










mercredi 7 août 2013

NUE

nue sans pudeur
sous ma robe en couleur
je vais au devant
du moindre souffle de vent
mes cheveux dans le dos
me donnent chaud
je les relève d'un geste
en les attachant au plus haut
je traîne mes pieds sans savate
dans tous les coins et sans hâte
écartelant les fenêtres 
tant il fait chaud 
pour un peu de bien etre
à petites gorgées pour hydrater
j'avale les breuvages de l’été
alanguie par tant de degrés
je reste étalée 
aux pieds de la méditerranée
nue sans pudeur
sans ma robe en couleur...


MARIE ANGE MURCIA






jeudi 4 juillet 2013

ZEPHYR

Zéphyr et Chloé Sandro Botticelli "la naissance de Venus" 

Ce petit air qui file et s'infiltre 
fait battre le cœur de ma maison
renouvelle les senteurs
soulevant les voiles de couleur
aérer pour ne point étouffer
en frémissant sous la caresse du vent
surtout ne rien fermer
profiter de cette fraîcheur de l’été
entre ces murs naturellement climatisés
les soupirs des volets
nous en disent long 
sur l'intensité de l’élément
surtout ne pas oublier 
de bloquer les portes affolées.
quelques papiers finiront par s'envoler
trop loin pour être ramassés
laissons les s'amuser..
embusquée prés de l'entrée
je reste sans bouger,
décoiffée par le zéphyr
sans même envie de sortir.
j'entends le linge claquer 
pour se faire sécher...
je delegue tous mes pouvoirs
à ce petit vent du soir
en restant sans bouger, seule, dans le noir....



MARIE ANGE MURCIA





dimanche 16 décembre 2012

FIN DU MONDE

BUGARACH
                                                                                           pour la fin du monde

en ce vingt et un douze deux mille douze
fin du monde ..
ou, fin de ce monde...
de ton monde,
ou bien du mien..
s'en sera fini
des souffrances et de la maladie,
des rêves et des bonnes nouvelles,
de l'espoir et du désespoir
s'en sera fini
des décembres
des sapins des noëls et de leur père
des calendriers et de leurs saints.
plus de petits matins qui chantent
ou de lendemains qui déchantent
sans voir le printemps
sans attendre l’été
personne pour nous sépulturer...
seuls ceux de Bugarach
ceux de cet endroit
si prés de chez moi...
allez rendez vous 
dans l'au delà 
ou tout simplement dans l’Aude 
et je serai là et bien là!!

MARIE ANGE MURCIA

vendredi 24 août 2012

LA TRAMONTANE

connaissez vous ce vent
celui qui souffle
sur le golf du lion ?
celui qui balaye
le Languedoc Roussillon ?
celui qui passe la montagne
et que l'on nomme Tramontane ?
le vent des Ibères
venant geler nos hivers..
secouant la nature,
donnant au ciel la couleur de ses yeux....
à la mer celle des rivières en colère
faisant déborder les jetées
et mousser la Méditerranée
il reste coincé
dans nos contrées
pour mieux chanter
pour mieux danser
et s'enrouler
au sommet de nos clochers



MARIE ANGE MURCIA

http://fr.wikipedia.org/wiki/Tramontane

dimanche 24 juin 2012

LES CLOCHES DE NARBONNE


les volées du clocher
me souviennent sur l'heure
les émotions qui furent bonnes
dans cette belle ville de Narbonne.
inlassable écho
se propageant comme une onde
accompagnant la musique du vent..
par la fenetre entrouverte,
se glisse le son
de la conscience et de la religion..
les rendez vous de mon âme
se font de dimanche en dimanche
et je reste dans la musique du temps
lorsque la cloche sonne
les minutes qui fuient
j'écoute sans broncher
essayant de compter....
parfois aussi sonne le glas
pour ceux hélas
qui sont passés de vie à trèpas
alors lentement se meurent
les quelques coups
annonçant la dernière demeure.....
mais ne nous égarons pas
j'etais juste venue vous dire là
que j'aime celles la
et qu'il y a des secrets
entre elles et moi.......



MARIE ANGE MURCIA







lundi 25 juillet 2011

LA CLAPE

 http://fr.wikipedia.org/wiki/Massif_de_la_Clape

avec dans les yeux
mille et un feuillages ornant le massif
avec dans les jambes
tous les sentiers de la Clape
je grimpe sans effort
jusqu'au sommet de la colline 
surplombant la mer
d’où je partagerai avec les oiseaux
l'immensité du paysage.
aussi loin que portera mon regard
je laisserai vagabonder mon être....
bercée par le balancement des arbres,
accrochée au mur de la chapelle des auzils
comme un lézard immobile,
à l'abri des curieux
seule mon âme 
cherchera la compagnie de ceux
qui ont partagé un jour mon émoi.
je resterai bien là pour toujours,
avec pour seul horizon
le mouvement des voiliers
sur cette immense flaque dorée.
en silence,
avec tous ces  marins disparus en mer
avec tous ces fantômes occitans
parlant le langage de la terre et des vignes.
portée par le Cers
par là je suis passée
par là je repasserai 
par là vous me trouverez.



MARIE ANGE MURCIA

mardi 24 mai 2011

EL CANCRO



C'est d'un pas léger
A l'ombre des platanes 
Longeant le canal de la Robine
Que je réalise 
Combien il est bon de respirer
En ce jolie mois de mai 
Si exceptionnel.....
Dans quelques instants
Chacun de mes gestes
Me semblera inutile 
Face au ravage de la maladie.
Comme une traversée du miroir
Tout me paraîtra déformé et sans importance...;
L'odeur aseptisée
Qui s'échappe des fenêtres entrouvertes
Me laisse présager
Du monde 
Dans lequel je vais m'engouffrer
Avalée, aspirée, hors du temps.
Je tire derrière moi le fil de la vie
Pour insuffler l'espace d'une visite
Un peu d'amour et d'amitié...
Spectatrice, intruse,
J'observe ce ballet de blouses blanches
Aux gestes d'une infinie précision..
Désemparée, impuissante
Je ne peux offrir
Que mon temps ma force et mon bras 
A celui de mon amie.
Le retour se fera pensif accablé et sans espoir....
Tous ceux qui croiseront mon chemin
Ne sauront jamais,
Jamais ma peine
Ni mon immense chagrin....;

MARIE ANGE MURCIA

mardi 3 novembre 2009

EOLE - EOLO

























Dans la maison vide,
Rien ne vient déranger
Le temps immobile,
Si ce n'est le sifflement de l'air
Se faufilant 
Entre les vantaux mal ajustés 
De la porte fenêtre.
Ce cri infatigable
Jouant ses gammes sur une seule note,
Donne des accents inquiétants
Aux bruits de la maison.
C'est le vent, 
Déshabillant les arbres, 
Balayant les rues
Qui chante en reprenant ses droits.
"C'est l'automne, dit il,
rentrez votre bois,
Sortez vos lainages,
Bientôt je serai rejoint
Par mon rival l'hiver
Et vous devrez vous protéger 
De nos luttes incessantes.
Je passe dans vos rues
Pour prévenir 
Quelques attardés sans abris
Que je ne ferai pas de quartier, 
Point d'indulgence !!....
Voyez ma force, 
Osez me défier,
Je serai là 
Ou vous ne m'attendez guerre
La moindre vitre brisée 
M'invitera au dîner.
Vous m'aviez oublié,
Mais je suis là 
Grattant à votre porte,
Faisant claquer les volets ....
Parfois c'est vrai 
je me casse le nez 
Sur vos double vitrages,
Peu importe 
Je suis le plus fort
Je frappe 
Quand je veux ou je veux.
Mais ce que je préfère
C'est rouler sur l'eau 
Faisant se soulever des vagues,
Déchaîner les éléments
En réduisant à néant tous vos efforts.
Vous ne m'aimez guerre 
Gens du golf du lion,
Pourtant 
je pousse vos barques, 
glisser vos planches,
Tourner vos éoliennes , 
Tout en séchant votre linge..
Et oui c'est moi, EOLE,
Je chante en sifflant 
Jusqu'à épuisement,
Vous n'aurez de repos
Que lorsque j'irai moi même dormir
En haut de la colline 
Surplombant la mer,
Accroché aux branches des arbres
Faisant des pirouettes 
Pour amuser les oiseaux."

MARIE ANGE MURCIA