Pages

mardi 31 janvier 2017

LA MAÎTRESSE

Edouard Manet La Maîtresse de Baudelaire  1862

Se croire bénie des Dieux
à l'abris des curieux.
Se fondre dans la pénombre
d'ou ne peut surgir qu'une ombre,
attendre sans y prétendre.
Aimer sans avoir rien d'autre à aimer,
si ce n'est cette liberté 
de ne vouloir rien d'autre à aimer,
pour enfin, enfin se rassasier 
du moindre de ses baisers ...

MARIE ANGE MURCIA

lundi 30 janvier 2017

EN VEUX TU EN VOILA

Des histoires d'amour
je peux vous en avoir 
des milles et des cents,
mais comme celle là
pas deux je crois.
Il faut un cœur qui bat,
deux ou trois regards
et se frôler sans se parler.
Se tourner autour, se faire la cour,
s'apprendre, se comprendre
du bout des yeux
et puis s'attendre, s'attendre
jusqu’à en devenir vieux.
Laisser passer les tourments
pour ne garder que l'instant
ou tout est différent
au moins une fois dans le temps.
Alors tout s'emballe
au point ou tout est bal,
ou l'on danse et l'on danse,
ou l'on aime et l'on aime,
et puis on l'aime et puis on s'aime.....

MARIE ANGE MURCIA





dimanche 29 janvier 2017

MAIS JE T'AIME


Sans toi aujourd'hui 
je serais vide de toutes choses,
tu es le ciment de ma prose.
Je te prie, je t’écris,
comme on parle au saint esprit.
Je te vis, tu me ravis 
et tout de toi me laisse coi.
Puisque plus rien ne presse,
il nous reste la tendresse.
Alors je t'aime sans détresse,
à pas lents, à cœur lent, 
sans tristesse.
sans toi aujourd'hui,
il me suffirait de partir.
Sans toi aujourd'hui 
il me suffirait de mourir.
Mais je reste 
pour un  mot pour un geste.
Mais je t'aime
et vois tu, peu importe le reste....

MARIE ANGE MURCIA


dimanche 22 janvier 2017

VERSEUSE


La pluie en averse 
nous transperce nous traverse.
Sans cesse elle se verse
et dégouline dans nos bottines.
Verseuse, baigneuse
Sans devenir neige,
elle se transforme en arpège,
en musique cynique.
Coule ,s’écoule, roucoule
souille, mouille, gargouille.
Ou goutte à goutte, 
ou s’égoutte,
tiens, je passe entre les gouttes.
Mais tape sur les gamelles
et fait chanter toutes les poubelles.
Donne à boire en quelques abreuvoirs,
enfin arrose toutes choses
aussi, surtout, toutes les roses....

MARIE ANGE MURCIA

mercredi 18 janvier 2017

PLEIN AIR


De mon logis ou tout est gris
toutes les nuits on prie
pour moins de honte moins de cris..
De ma citadelle ou tout est belle
passent les chants les ritournelles
même quelques poubelles..
De mon cœur ou tout s’écrit
monte le blâme aussi le drame 
la rancœur et les aigreurs ..
de mon abris ou tout se vit
passent le froid le désarroi
par manque de parois.
Au nom de l'Abbé 
que cesse ce conte de fées,
vivre au grand air, 
dormir à la belle étoile ou sous sa toile, 
n'est juste bon que pour les pas bons.
Lorsque le sort vous met dehors
seul l'amour vole et vient au secours,
sans rien attendre en retour..

MARIE ANGE MURCIA

 

mardi 17 janvier 2017

D'AMOUR ET D'EAU FRAÎCHE

Matthias Stomer le repas d’Emmaüs XVII S

Lorsque le corps n'en peut plus,
le cerveau non plus.
Rien ne se fixe
ni l'attention ni l'esprit,
la déconnexion est complète.
La tête en partance le corps en carence,
seules les pensées bouillonnent
écrasées les unes par les autres.
Dans ce champ de mines 
ou plus rien ne se devine,
juste l'essentiel et un peu de miel
à peine de quoi se nourrir
et cette envie de vivre,
pour un bol de riz, trois radis
et des miettes tombées de leurs assiettes...
pour un peu ce serait un festin,
si ce voisin ne mourrait pas de faim ...

MARIE ANGE MURCIA