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dimanche 25 mars 2012

NASREDDINE ALPHONSE- ETIENNE DINET

mausolée d'Etienne Dinet à Bou Saada
















                                             






















Endormi
Dans ton mausaulée
As tu toujours ce regard
Sur le hoggard?
Orientaliste à l’excès
C'est de ton pinceau
Que nous sont parvenus
Les témoignages de ces temps révolus.
Je reste admirative
De cette lumière créative
Je cherche 
Dans chacune de tes toiles
Les paysages de mon pays natal
Lorsque de ton choix tu t’arrêtas
Dans le coeur de Bou Saada
Savais tu déjà
Que tu resterais là..
Loin de cette France ou tu es né
De religion tu as changé
Une autre langue tu as parlé
Tout un peuple tu as croqué
Tu savais ce que tu voulais
Et c'est la bas que tu l'as trouvé...
Dans le désert,
Entre oued et palmeraies..


MARIE ANGE MURCIA

5 commentaires:

  1. De ses nombreux voyages à travers l'Algérie, à laquelle il consacra son amour et sa vie, Étienne Dinet a rapporté quantité de dessins. Mieux qu'un simple recueil de prises de vue documentaires, les carnets de croquis du peintre concentrent l'essence même de son art : un art réaliste, profondément humaniste, qui entend avant tout traduire l'âme du Sahara.

    Loin des palais raffinés, des harems fantasmés et des odalisques lascives de ses pairs orientalistes, Dinet met son attrait pour l'ailleurs au service d'une exploration lumineuse de la condition humaine. Des travaux des laveuses aux vives incartades des enfants du désert, des couchers de soleil flamboyants aux horizons suintant de vapeur, en passant par les poses souveraines des cavaliers et de leurs montures, les moindres aspects de la vie quotidienne sont sujets à portraits. La passion, ancienne, du peintre pour la photographie influence à coup sûr cette quête esthétique de la vérité saharienne, faisant de ses œuvres des instantanés propres à « saisir sur le vif l'anecdote la plus mince et le geste d'un instant, sans chercher à en dégager jamais la portée symbolique »1.

    Les croquis compilés au fil de ses pérégrinations y contribuent pleinement. Ils révèlent même l'approche singulière de l'artiste, auteur d'une abondante œuvre littéraire cosignée avec son comparse Slimane Ben-Ibrahim. Les dessins rehaussés de gouache et d'aquarelle représentant des fragments de corps allongés et d'étoffes, ou encore une jeune femme enveloppée de voiles, sont ainsi de probables études préparatoires aux œuvres Assemblée de gamins et Jeune fille de Bou Saâda destinées à l'illustration du Printemps des cœurs (1902), recueil de légendes sahariennes que le duo souhaitait voir rivaliser avec les plus beaux ouvrages de miniatures orientales.

    Autant l'image vient servir le texte, autant le texte, chez Dinet, s'invite dans l'image. Fasciné par l'arabe, qu'il a appris pour mieux s'immerger dans la culture islamique, épris des mots comme des couleurs, du dessin de la langue comme de celui du monde, l'artiste truffe ses croquis d'annotations suggestives, adjuvantes lucides de la mémoire visuelle, et y appose à l'envi son précieux cachet : « El Hadj Nassir al-Din » – mystérieux sceau concentrant à lui seul tout l'« orientalisme » de Dinet, et syncrétique emblème d'un incomparable destin.

    Artiste peintre et écrivain français, Alphonse-Étienne Dinet (1861-1929), devenu Nasreddine Dinet après sa conversion à l'islam, a trouvé dans le Sud algérien non seulement une source d'inspiration, mais sa véritable patrie. L'œuvre esthétique et humaine de ce grand coloriste, très fin psychologue, lui confère une place à part dans le courant orientaliste.

    « Il ajoutait à son instinctive sensation (de la vie) ses dons naturels d'observation qui il nous le dira lui-même un jour lui permettaient de retenir extraordinairement les expressions et les couleurs. » (Jeanne Dinet Rollince)

    « Cette pratique assidue de la photographie devait conditionner une part importante de son art. [… Dinet en retiendra] sa capacité à saisir les expressions les plus éphémères de ses modèles, sa focalisation ». (Didier Ottinger)

    Dinet « ne veut plus peindre pour peindre mais se servir de la peinture comme d'un moyen d'expression pour traduire sa pensée, sans coquetterie d'artiste. » (Léonce Bénédite)

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